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le pamplemousseune petite pamplemousserie n'a jamais nui à personne. |
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June 10 HISTOIRE SANS (porte) PAROLEJe ne vais pas parler des élections européennes, ni du taux d'abstention, qui s'explique aisément, non pas par le désintérêt des populations comme tous les journaleux l'on répété à l'envi, mais par le mépris marqué par les politiques qui ont ignoré puis passé outre les résultats du référendum sur le projet de constitution, après les avoir vilipendés.
Non, je vais vous raconter la vie de Sainte Rolande. Je trouve que Wikimerdia ne sert pas comme il faudrait la mémoire de nos saints et de nos saintes.
Sainte Rolande était la fille d'un couple éleveur de cochons en Hainaut; elle marqua très vite les esprits dans le village, car elle était fort belle mais surtout, à sa douzième année, après la chute de ses dents de lait, elle était parfaitement édentée. Le curé de la paroisse la déclara "myrrhobite", ce qui signifie "celle qui ne mord pas" (to bite = mettre les dents, mordre).
Après avoir été déclarée miraculée, elle fut envoyée dans un monastère des environs de Charleroi où les moines à la libido déréglée faisaient pénitence. Les paysans du coin l'appelaient l'abbaye de "gère pine", qui donna plus tard lieu à la toponymie actuelle: Gerpinnes (http://fr.wikipedia.org/wiki/Gerpinnes)
Elle fit merveille au service des moines dont la plupart étaient réputés priapiques. Ils repartaient guéris en vantant les soins de Rolande partout en Europe, et nombreux étaient les seigneurs qui firent des dons au monastère pour profiter de cette bouche miraculeuse.
Après trois ans seulement, la sainte fut prise d'un curieux affaiblissement. On la coucha, et un événement unique advint: elle se mit à pleurer des larmes de sperme.
Toutes les femmes qui désiraient des enfants sans pouvoir donner la vie affluèrent à son chevet, et firent des dons en or, en argent, en bijoux, pour pouvoir être ointes de ce liquide sacré. On dit même que la reine Gertrude vint lécher le nectar directement sur les joues de la pauvre enfant.
On sait aujourd'hui que les moines entretinrent ce commerce en produisant eux-même une quantité importante de ce jus de fécondité.
Elle mourut au bout de 454 jours, ce qui ne veut rien dire du tout.
Elle est ensevelie sous une dalle du monastère de Gerpinnes, qui glisse un peu certaines nuits, dit-on.
May 06 MOTS CROISÉSNotre petit président a ouvert la campagne des européennes en participant à un meeting de l'UMP. Au delà du mélange des genres entre fonction institutionnelle et convictions partisanes, il s'est à nouveau répandu dans un registre qu'on lui connaît déjà en disant que "(...) l'Europe n'a pas à s'excuser d'être chrétienne (...)"
Outre que l'histoire de l'Europe chrétienne n'est guère reluisante (pogroms, massacres en tous genres des armées du pape, croisades sanguinaires...), je vois bien que ce pseudo-argument doit contrer une éventuelle entrée de la Turquie dans l'Europe.
C'est faire peu cas de la laïcité, et des ATHÉES qui demandent à ce que les autorités de l'État restent strictement neutre sur la place des religions en Europe, mais surtout en France. Ces mêmes athées ne sont jamais reçus, jamais consultés, puisqu'ils ne constituent pas une comunauté au sens religieux du terme. Il n'empêche qu'ils existent et qu'accorder audience ou prépondérance à telle ou telle secte constituée (christicoles, adorateurs de Mahomet...) déroge à l'esprit et à la lettre de la Constitution.
Le commentaire de ces paroles sur FRANCE INFO aujourd'hui par monsieur JOFFRIN et sa consoeur oublie également l'affront fait aux athées, et ne présume que seuls les juifs de France pourraient en être offensés.
Sans faire de polémique de chiffres, je gage que les athées sont plus nombreux que les juifs en France, et quand bien même seraient-ils minoritaires, ils méritent le même respect.
La Liberté guidant le Peuple. Delacroix a fini seul à peindre les plafonds de Saint-Sulpice; allez les voir, c'est gratuit!Je rappelle ici certaines paroles prononcées par le même christicole, vendu au pape:
«une culture sans dieu serait une capitulation de la raison»
et encore:
«ce serait pure folie de (se) priver (des religions, ndlr) tout simplement une faute contre la culture et contre la pensée ».
Je ne remets pas la citation où il assure la prépondérance du curé sur l'instituteur, elle est assez connue. On voit bien que le combat est contre l'athéisme qui procure la liberté de la pensée, et la liberté de toutes les expériences philosophiques et scientifiques.
mes sources d'émoi: l'article de Guylain Chevrier (historien)
April 29 AY CARAMBA!Dans la pandémie qui commence, la France n'a que des cas suce pets, alors que l'Allemagne, elle, a déjà des cas avérés. Des malades qui ne sont pas allés au Mexique. Faut dire qu'à Berlin, les cochons sont légion, et pas toujours vaccinés. On connaît la passion des teutons pour l'écologie...
Moi, je dis que tout ça, c'est encore un coup de notre Naboléon, pour faire passer en douce des lois et des décrets, comme celui qui remet dans les textes des dispositions de la loi Falloux, qui avaient été abrogées en 1875 par Jules Ferry, et qui jette la France hors la laïcité prévue dans l'enseignement, et la validation des diplômes par l'État français et lui seul.
Cette alliance avec le Vatican, voulue par Sarko-Lui-Tout-Seul, au mépris du Peuple, de la Constitution, et de la Représentation Nationale (un décret a suffi, évitant les discussions qui n'auraient pas manqué d'avoir lieu au Parlement), a eu pour complice le ci-devant ministre des affaires étranges, j'ai cité Bernard Kouchner, cet intriguant, salarié des multinationales qui exploitent le Peuple et pillent les ressources de la planète.
Communiqué de la Fédération Nationale
de la Libre Pensée: La loi Falloux est rétablie par décret : Le fait du Prince contre la République laïque ! Immédiatement, après avoir épuré de sa composante cléricale le conseil supérieur de l’Instruction publique en votant la loi du 27 février 1880, la majorité républicaine issue des élections des 14 et 28 octobre 1877 et le ministre Jules Ferry portaient un nouveau coup à la loi Falloux du 15 mars 1850 modifiée par celle du 12 juillet 1875, adoptées l’une et l’autre par des assemblées monarchistes. Confiée depuis cinq ans à des jurys mixtes comprenant des membres du clergé, la collation des grades universitaires revenait désormais à l’Etat et à lui seul, conformément à la loi du 18 mars 1880. Jules Ferry avait raison de dire, lors la première séance du conseil supérieur laïcisé, que l’Université devenait «un corps vivant, organisé et libre.» Ce principe éminemment républicain a été sans cesse réaffirmé depuis. L’alinéa premier de l’article L. 613-1 du code de l’éducation, dans sa version issue de la loi de modernisation sociale du 17 janvier 2002 actuellement en vigueur, dispose que «L’Etat a le monopole de la collation des grades et titres universitaires.»Après d’autres, ce pilier de la République vient d’être abattu, au moment même où une série de «contre-réformes», également adoptées par décret, contre l’avis de l’ensemble de la communauté universitaire, menacent de destruction l’université française publique et laïque et tout son système de formation non marchand. Par l’effet d’un décret simple, la loi Falloux est partiellement rétablie. Après en avoir été privée pendant cent vingt-neuf ans, la secte romaine retrouve le pouvoir d’intervenir dans la collation des grades universitaires. C’est intolérable. Par un décret du 16 avril 2009, le président de la République vient, en effet, de publier l’accord de Paris du 18 décembre 2008 par lequel la France et le Saint-Siège ont entendu décliner au plan bilatéral le processus de Bologne initié par la convention du 11 avril 1997 sur la reconnaissance des qualifications relatives à l’enseignement supérieur dans la région «Europe», ratifiée le 18 septembre 2000. L’une et l’autre acceptent de reconnaître mutuellement «des périodes d’études, des grades et des diplômes de l’enseignement supérieur délivrés sous l’autorité compétente de l’une des Parties». Pour la République française, il s’agit bien sûr des «grades et diplômes délivrés sous l’autorité de l’Etat par les établissements d’enseignement supérieur». Pour le Saint-Siège sont concernés ceux attribués par «les Universités catholiques, les Facultés ecclésiastiques et les établissements d’enseignement supérieur dûment habilités par le Saint Siège». Le protocole additionnel à l’accord de Paris précise qu’entrent en particulier dans le champ d’application de ce dernier les diplômes ecclésiastiques de doctorat (niveau doctorat), de licence (niveau «master») et de baccalauréat (niveau licence) obtenus dans les facultés ecclésiastiques qui, selon la constitution apostolique Sapiensa christiana de 1979, ont notamment pour objet de former des chercheurs, des professeurs d'universités et de séminaires, des chanceliers, des membres de tribunaux ecclésiastiques et d'autres titulaires d'offices, des conseillers d'évêques et de supérieurs religieux. La ratification, par décret de l’accord du 18 décembre 2008, constitue au surplus un coup de force juridique inacceptable. Il ne s’agit pas de la simple reconnaissance mutuelle des diplômes délivrés par les systèmes légaux d’enseignement supérieur de deux États liés par une convention internationale. Au mépris de la laïcité, l’accord de Paris conduit, en effet, la République française à légitimer des titres universitaires attribués par des établissements d’enseignement supérieur catholiques sur son territoire, ou sur le territoire d’autres États ne les reconnaissant pas nécessairement. Il ouvre ainsi une brèche dans le monopole de la collation par l’Etat, des grades universitaires, instituée par la loi du 18 mars 1880. Dans ces conditions, il appartenait au gouvernement de saisir le Parlement d’un projet de loi de ratification de l’accord de Paris en application de l’article 53 de la Constitution du 4 octobre 1958 etnon au président de la République de prendre un décret pour le faire entrer en vigueur. En l’espèce, l’accord de Paris modifie bien implicitement mais nécessairement «des dispositions de nature législative». La voie suivie évitait la discussion du rétablissement partiel de la loi Falloux devant la représentation nationale.
March 19 LA BANANE DURABLE (Yves Jégo)"Le véritable lieu de naissance est celui où l'on a porté pour la première fois un coup d'oeil intelligent sur soi-même: mes premières patries ont été les livres."
(Mémoires d'Hadrien)
- Tu es d'où?
- Moi? (embarrassé... J'ai très bien compris la question!)
- Oui, tu es d'où? (insistant)
- Oui, je suis doux!
Je réagis à la pleine page de portrait parue à la dernière de Libé, il y a quelques semaines; portrait d'une jeune femme qui se plaint qu'on lui demande sans cesse d'où elle vient. Elle est née en France, à Paris; et, comme elle est noire, elle s'étonne avec amertume qu'on puisse lui attribuer une origine africaine ou ilienne. Je te rassure, citoyenne dont j'ai oublié le nom, moi qui suis blanc (rose), suis confronté aux mêmes questions; et je n'en fais pas une affaire personnelle. Si j'ai du mal à répondre (voir ci-dessus); c'est que je ne me sens pas constitué intellectuellement ni culturellement par ma région de naissance. J'abhorre comme toi l'attitude qui consiste à mettre ses origines en avant pour justifier d'une supériorité culturelle quelle qu'elle soit, justifier un "style" musical (le rap!) ou simplement de balancer dans une conversation (surtout télévisée) le lieu commun:
- "c'est important, les racines!"
(encore entendu cette semaine dans un talk-show "culturel" avec Pennac qui fait sa promo, et une conne bardée de certitudes qui dégoise sur Warhol, parce-qu'elle en est une "spécialiste". Elle invente pour nous "un vide qui traverse la vacuité").
Mes racines à moi, c'est bien sûr le conditionnement parental, mais aussi tous les livres que j'ai lus, toutes les personnes que j'ai rencontrées, avec qui j'ai travaillé, fait de la musique, du théâtre, de la cuisine, ou simplement discuté autour d'un verre. Je suis pétri des incertitudes des autres, et plus j'avance en âge (bientôt 50 ans), moins je me sens appartenir à un territoire, et moins j'ai envie d'en parler. Idem pour le travail qui me fait vivre; en cinq ans de ce blog, vous n'y trouverez aucune allusion et je déteste qu'un inconnu me pose la question de ma profession.
Ces questionneurs de l'origine ou de la profession veulent simplement se rassurer, victime de leur peur de l'étrange, de l'étrangeté, de l'étranger. Comme si le "prochain" devait être forcément un proche. Non, quand le mythologique Jésus Christ pond sa parabole du Samaritain pour conclure qu'il faut aider (aimer) son prochain, il choisit un Samaritain: précisément un peuple honni, traduit abusivement par "proximus".
Je suis le prochain, et toi, français noir, jaune, métis, rose comme un petit cochon comme moi, je me fiche bien de savoir où ta mère t'a pondu; je préfère savoir si tu as lu Nietzsche, ou écouté une fois dans ta vie le Stabat Mater de Pergolèse.
March 05 Salam, Angers!Après les bébés congelés, la mère qui poignarde sa gamine de 12 ans et qui demande à son petit frère de 5 ans de s'accuser du meurtre, des hétéros 100%, un homme ET une femme - seule solution fiable réclamée par les émules d'Edwige (rien à voir avec le fichier) Antier* pour élever les enfants - viennent d'être incarcérés pour avoir séquestré et battu LEUR enfant de sept ans aujourd'hui. Gageons que le gamin aurait préféré être élevé par deux gros pédés.
Je répète que, de même que l'hétérosexualité ne garantit pas une bonne éducation pour les mômes, l'homosexualité ne représente pas plus (et pas moins) de dangers pour les enfants.
Le débat actuel doit être déplacé sur le terrain du droit pur, et de l'égalité devant la loi. Point.
Merci à Michel Onfray d'avoir très clairement pris parti sur le sujet (dans SINÉ HEBDO, je crois). Michel, je t'aime!
* Edwige Antier est une donneuse de leçons, psycho-autrichienne, qui sévit sur les ondes de France Info, pour indiquer aux gens comment il faut se comporter. Suppléante UMP de Pierre Lellouche, elle est une homophobe notoire, et opposée à l'égalité devant la loi de tous les citoyens face à l'adoption. Elle peut donner des leçons de normalité aux autres, puisqu'elle a été mise en examen pour escroquerie (170 000€) aux dépens d'une association sensée défendre l'enfance en danger. Le procès a été particulièrement croustillant; son époux a déclaré devant les juges:"J'ai voulu me substituer à ma femme, cela m'a mis dans un état de confusion mentale qui m'a conduit à commettre des actes ineptes"
Si j'étais hétéro, ou pédiatre, je serais un peu honteux de compter des personnes comme ça dans ma communauté.
February 14 le nez des trav'LA MINUTE DE HAINE
N'ayant personnellement aucune sympathie pour les autonomistes corses et leurs méthodes, je suis comme tout un chacun le procès en appel d'Yvan Colonna*, condamné par avance par Naboléon 1er, et poursuivi par une justice qui a définitivement perdu son âme révolutionnaire (la justice devrait s'exercer au nom du Peuple français):
article 9 de la Constitution
«Tout homme étant présumé innocent jusqu'à ce qu'il ait été déclaré coupable, s'il est jugé indispensable de l'arrêter, toute rigueur qui ne serait pas nécessaire pour s'assurer de sa personne doit être sévèrement réprimée par la loi.»
et aussi, art. 7:
«... Ceux qui sollicitent, expédient, exécutent ou font exécuter des ordres arbitraires, doivent être punis (...)»
Allez, je vous mets aussi l'article 5 du titre II:
«Le Président de la République veille au respect de la Constitution...»
Je me demande parfois si le Grand Minuscule a lu ses devoirs, pour violer en toute circonstance ces textes fondateurs, au point de se faire tancer par le Conseil Constitutionnel pourtant tout acquis à son camp.
Bien entendu, la détention arbitraire de Julien Coupat et les délires de MAM sur la mouvance anarcho-autonome entrent dans ce cadre.
Monsieur Besson, le transfuge qui a chié dans les bottes à Jeanne d'Arc, passant du socialisme au sarkozysme (mais comment fait-on???) a été bombardé ministre de la haine et de la traîtrise, et propose une loi où un Sans-Papiers peut acheter son appartenance au Peuple français à condition de dénoncer les personnes qui l'ont aidé.
Comment ne pas penser à entrer en désobeissance devant de tels dévoiements de l'esprit des lois?
Montesquieu, Condorcet, Diderot, revenez!!!! Ils sont devenus fous!
*Mais j'aime bien sa tête, et ça me fait mal de le savoir en prison.
On peut lire dans le document ci-contre, sorte de constitution mineure édictée par Pétain à l'attention des populations:art. 4: «Les citoyens doivent travailler à rendre la société toujours meilleure. Ils ne doivent pas s'indigner qu'elle soit encore imparfaite.»
art.5: «L'esprit de revendication retarde le progrès que l'esprit de collaboration réalise»
On est là dans la définition du bien et du mal, dicté à tous. L'article que je vais citer ensuite semble être sorti de la bouche de notre Président en visite chez Adolf XVI; nous obligeant à nous rappeler des origines pré-révolutionnaires de la France. Nous n'avons pas les mêmes souvenirs. Mes aïeux étaient des Cathares, puis des serfs.
art.12
«L'école doit enseigner à l'enfant le respect des croyances morales et religieuses, en particulier de celle que la France professe depuis les origines de son existence nationale.»
February 04 Trotsky tue le skiComme chacun, je n'ai pas pu lire le bouquin de Péan sur Kouchner. Mais j'entends à la radio, je lis dans les journaux des réactions de forme concernant cette publication. Et ça n'est pas ininteressant. Par exemple, on entend des proches de Sarko qui, pour discréditer l'ensemble de la parole de Péan, rappellent qu'il est un «gauchiste». On n'ose pas lui appliquer la disgrâce suprême qui réglerait la question, mais Kouchner devant les députés a prononcé le mot «cosmopolitisme» et a cité les mots (sortis de leur contexte) qui font penser que l'auteur est ... antisémite.
Voilà, tout est dit, et dès lors, plus besoin de se défendre d'avoir gagné de l'argent aux dépens des peuples qui souffrent, en s'affichant comme le défenseur des miséreux.
Quand on entend le patron de Libération prendre des gants pour qualifier les agissements de Bongo (ce matin sur FRANCE INFO), en précisant qu'il ne veut pas avoir de procès, on pense immédiatement à Val, qui vire Siné de son équipe, sous prétexte (il n'en n'a pas apporté la preuve) d'un éventuel procès du fils Sarko, et qui lui colle dans le dos une étiquette d'antisémite pour le discréditer à jamais.
C'était sans compter sur les réserves d'énergie du vieux bonhomme.
En conclusion, attaquer un juif aujourd'hui, ou un philosémite, pour des raisons bonnes ou mauvaises, revient à passer pour un antisémite, et dispense la personne accusée de faire la preuve de ses idées ou du bien-fondé de ses actes. Il y a d'autres exemples, mais je prends le dernier en date, car pour moi (et ça n'engage que moi), la loi qui interdit de DIRE ce que l'on pense revient à fantasmer une loi improbable qui interdirait de penser tout court. Et si une idée ou un livre véhicule des pensées fausses ou des assertions erronées, il est toujours possible de les combattre. En revanche, ne pas laisser s'exprimer les idées, fussent-elles fausses, c'est aussi se couper du combat pour la vérité, et du dialogue.
Décider de qui est dans l'erreur en pensée par la loi ressemble fort à l'univers d'Orwell* dans 1984.
À relire d'urgence, on est en plein dedans.
*Orwell écrit 1984 en 1948, et c'est pour moi un "antikouchner", puisqu'il naît en Inde, et, comme K, participe activement à l'ordre colonial en Birmanie («Le fonctionnaire maintient le Birman à terre pendant que l'homme d'affaires lui fait les poches»). Sauf que Georges en tire des enseignements moraux, et combat le nazisme autant que le stalinisme à une époque où il était facile d'encenser le second quand on combattait le premier.
Orwell s'interesse de près aux pauvres des bas-fonds londoniens, puis au prolétariat. Il n'en tirera aucun bénéfice, et fondera même une association très active pour la défense de la liberté d'expression.
January 31 anamographieLE FOIE GRAS DE LA MER.
Ceci est une vraie recette de cuisine, testée sur des vrais gens qui ont dans l'ensemble bien résisté. Elle repose non pas par trente mètres de fond (de veau), mais sur le travail d'un foie de poisson très laid (le poisson), fort beau (le foie), et surtout, temps de crise (de foi) oblige, vendu à un prix dérisoire (de Paris). Pour quatre terrines de foie gras de la mer, le coût matière est à peu près de 3 misérables zeuros.
Achetez un foie de Baudroie entier, frais.
Dans une terrine en terre, pour deux (style les terrines de pâté en terre cuite que vous gardez parce-que ça vous fait mal au coeur de jeter), coupez une tranche de pain complet ou de pain d'épice, ou de crumpets qui épousera la forme du fond. (Pour une fois, on ne sépare pas la forme du fond)
Sur ce fond de pain, disposez un gros morceau de foie qui remplira la terrine aux 3/4, tassez pour que le foie ne dépasse pas du bord supérieur.
Sur le foie, versez un appareil constitué de cidre, moutarde à l'ancienne, un peu de sucre ou de miel, des épices (gingembre, écorces d'orange...), un peu de sel, et des jaunes d'oeuf battus. Recouvrez à raz bord.
Mettez les terrines dans un plat à four (ça va déborder un peu), et enfournez 20 minutes à 220 degrés.
Laissez refroidir, et démoulez avant de servir, sur un joli plat décoré avec de la verdure (cresson, roquette...)
Il faut du bon pain pour manger avec, et un vin blanc pas cher, sinon, ça vaut pas le coup! Je vous recommande le Picpoul de Pinet ou bien un Gaillac perlé, toujours étonnant pour vos amis qui ne connaissent que les vins préconisés par le Figaro Madame.
January 28 oogones, conceptacle et spirogyre (la liste de Zeller) LES TOUILLEURS D'OBERKAMPF(suite)
(un feuilletouffu du pamplemousse)
Les leçons de solfège et de bugle avaient lieu dans une grande salle voûtée d'un ancien couvent des Cordeliers, qui datait du XIII° siècle. Le dépouillement de ses anciens occupants avait transpiré à travers les siècles, même si la Révolution avait brutalement mis fin à leurs activités (charitables selon la mairie de droite actuelle), transformant les lieux en caserne, puis en prison.
Harry avait un professeur de bugle qui était tromboniste, mais surtout, cet homme sans âge aux yeux de l'élève refoulait du goulot de manière monstrueuse. Il ne devait pas se laver souvent non plus. Aussi, Harry redoutait-il de lui passer son instrument pour bénéficier des exemples du maître, tant son coeur se soulevait au moment de placer ses lèvres sur l'embouchure dans laquelle le professeur avait déposé ses postillons pestilentiels.
Il fut donc décidé l'année d'après, après une courte audition qui tenait plus du tribunal que de l'interwiew où Harry réitéra son souhait de jouer du hautbois, qu'il jouerait de la clarinette. C'était déjà mieux que le bugle. On lui fit valoir que le hautbois avait une tessiture et un répertoire très limité, alors que la clarinette était le violon des vents. Et puis, Mozart lui avait consacré des pages sublimissimes, alors que le hautbois, nada! On négligeait à l'époque toute la musique pré-classique, et même Bach était considéré comme peu musical.
Harry fut tout d'abord déçu. Il avait acquis en vidant son cochon-tirelire un coffret de microsillons VEGA de la MESSE EN SI de Jean Sébastien, celui de la musique de machine à coudre, d'après sa mère. Et s'il n'y avait pas entendu de bugle, il rêvait d'accompagner la voix de femme qui chantait le Qui sedes. Il ignorait bien sûr qu'il s'agissait d'un hautbois d'amour, sinon, il eût adoré cet instrument plus encore que le hautbois.
Dans la caboche du gamin, le fait que jamais une clarinette ne soit intervenue dans l'oeuvre gigantesque du maître de Leipzig disqualifiait cet instrument de manière définitive. Il s'y colla cependant. Il avait onze ans.
C'était l'année 1973, et un événement bouleversa sa vie le jour du quatorze juillet de cette année là. Ce ne fut ni la guerre du Kippour, pas encore advenue, ni la prochaine crise pétrolière. Pas plus le retour de Juan Peron en Argentine ni le scandale du Watergate. Les essais nucléaires français en océanie non plus, bien qu'il vît à la salle Racine "Soleil Vert", sorti cette année là.
(à suivre) January 27 Les étonnements de Michouun pamplemousse feuilletonné
Comme Harry s'affairait dans cette usine de tri des ordures, une évidence lui sauta au cerveau, et une plénitude envahit son être. Sa vie prenait enfin un sens. De même que lorsqu'il roulait sur sa bicyclette, les enseignement des pensées philosophiques éparses de ses lectures contrariées devenaient limpides, un éclairage nouveau se répandit sur sa vie en cet instant: les tuyaux!!!!
Il n'avait vécu que pour les tubes, les tuyaux, les pipe-line. Déjà, tout petit, avant l'âge de six ans, il collectionnait les tubes de pilules tous différents des anti-dépresseurs de sa mère... C'étaient ses poupées russes à lui. S'il en trouvait un à la poubelle, il se fâchait qu'on eût omis de le lui destiner. Point de jouets compliqués dans son panier à joujoux. Non, des boîtes tubulaires, des encastrements d'aluminium et de plastique.
À neuf ans, alors que sa mère ne fréquentait pas du tout les églises, eu égard à la bigoterie destructrice de sa mère à elle qui parlait chaque jour à la sainte Vierge, il fut saisi d'admiration pour les orgues de Notre Dame. Non qu'il aîmât d'emblée la musique qui en sortait, non: il pouvait rester des heures le dos à l'autel, les cervicales cambrées à rebours, contemplant les tuyaux majestueux et muets du bourdon de 16 pieds. La vision des petits tuyaux de montre, en éventails horizontaux lui donnait une autre émotion, et quand il s'attacha à découvrir quelle sonorité chacun d'entre eux donnait, il privilégia ceux qui portaient le plus d'air dans leur son: le nazard, la cromorne, les flûtes harmoniques et octaviantes, et ces jeux tardifs de monsieur Cavaillé-Coll, un peu liquides et incertains comme la voix humaine.
Ce ne fut qu'à l'écoute de la passacaille en ut mineur de Bach qu'il s'aperçut que la musique était autre chose qu'un gâteau de timbres. Il acheta alors aux Nouvelles Galeries un microsillon dans ses moyens avec son argent de poche. C'était les concertos brandebourgeois, par un obscur orchestre pas du tout baroque, dirigé par un certain Marcel Couraud (1912-1986). Sa mère, entendant ces rengaines sur le Teppaz en lieu et place de Georgette Lemaire (1943 - ), lui demanda d'un air effaré:
- C'est quoi cette musique de machine à coudre?
Le bienveillant Willy, qui connaissait autre chose que les bluettes langoureuses teintées de blues qu'il jouait toute la nuit à la Grenouillère, lui demanda:
- Tu veux faire de la musique?
Personne ne s'était jamais soucié de ce qu'il aimait:
- Je ne me fais pas de soucis pour toi!
ou bien:
- Si les petits cochons ne te mangent pas....
étaient les seuls encouragements entendus de la bouche de Czeslawa à son endroit
Aussi, à cet instant, il sentit son coeur battre plus fort, et se jura à l'intérieur qu'il se donnerait toute sa vie à cette magie des sons. Chaque nuit, il faisait le rêve qu'il entrait à Notre Dame la nuit, et qu'un organiste jouait. Puis, l'orgue se taisait, et l'organiste partait. Alors, il se faufilait jusqu'à la tribune, et faisait parler les cohortes de tuyaux majestueux qui faisaient résonner les voûtes, et vibrer son corps d'enfant. Il ne le dit à personne, et se laissa porter par le possible.
À Châteauroux, à cette époque, en dehors des cours particuliers auxquels Harry n'aurait jamais accès, la seule école de musique était municipale, et débouchait obligatoirement sur la pratique d'un instrument à vent. Un tuyau, donc. Un tuyau quand même.
Il ne se décida pas tout de suite pour le tuyau dans lequel il allait souffler. L'inscription la première année le projeta dans une classe de solfège, où l'on apprenait la mathématique musicale. Tout y était abstrait. Il fallait apprendre par coeur, et aucune réalité sensible ne correspondait à l'enseignement prodigué.
Ainsi, connut-il qu'une quarte ou une quinte est toujours juste, une tierce ou une sixte est soit majeure soit mineure, mais qu'une seconde augmentée ne devient pas une tierce mineure.
Il voulut jouer du hautbois, mais il n'y en avait pas de libre en prêt, et le coût de l'instrument neuf était hors de portée. On le mit au bugle, sorte de grosse trompette au son tout mou. Il n'en tira en une année qu'une gamme poussive, et la haine des voisins.
(à suivre)
January 23 Au pays des fablesJanuary 19 Capitulation des noyaux sauvages étalesLES TOUILLEURS D'OBERKAMPF (suite)
(un feuilleté du pamplemousse)
Czeslawa, la mère d'Harry, avait trouvé du travail chez Maître Corbel, un notaire vieux-garçon qui travaillait dans un cabinet d'associés avec Maître Boulatte-Périgois et Maître Charavance. Ce dernier fréquentait La Grenouillère à l'époque où Czeslawa avait été renvoyée, et lui avait trouvé ce travail de bonniche chez son confrère. Mais surtout, il avait gardé avec l'ancienne prostituée des relations peu professionnelles et fort grivoises. Il aimait à se faire langer comme un nourrisson, et à pisser dans ses couches pour être fessé cul nu par sa nounou, habillée en soubrette perverse. À 56 ans, c'était un peu pathétique, mais chaque séance rapportait à Czeslawa de quoi payer son loyer. L'appoint des ménages chez Corbel permettait de faire bouillir modestement la marmite, d'autant que Willy, le pianiste colocataire, s'acquittait de son écot avec générosité.
À cette époque, les filles-mères attiraient les assistantes sociales aussi sûrement que le crottin fait rappliquer le bousier. Harry connaissait bien la harpie qui avait mis le grappin sur le dossier de sa mère. Elle avait pour nom "Mademoiselle Alliot"; pas de prénom... Ses visites étaient toujours synonyme de crispation. Czeslawa se trouvait dans un état de honte que comprenait mal Harry, comme si sa mère lui avait caché quelque chose de son passé. Son air soumis vis à vis de cette visiteuse inopportune lui mit la puce à l'oreille, et il questionna Willy, le pianiste du bordel, dès qu'il eut six ans sur l'utilité des visites de la vieille mademoiselle.
January 18 se tirer sur la nouille avec déliceMUTILATIONS SEXUELLES ET ORDRE MORAL, LE MONDE EN DANGER (philosophie et concepts de base de la lutte contre les mutilations sexuelles)
"Ce n'est pas la peine de dire "Que les enfants nous ressemblent, "Qu'ils ont les mêmes cicatrices, "Et qu'ils naissent avec la violence. "Ca nous arrange bien de dire ça, "Ca nous aide à les éduquer, "A notre image, à notre image." "Ce postulat : parents, savoir, pouvoir, "Et cette dictature sournoise "Qui les éloigne de leur beauté initiale… " Morice Bénin
Définition des mutilations sexuelles
La préservation du clitoris et du prépuce se fonde sur six faits qui illustrent leur caractère essentiel à la vie. Ces faits définissent les mutilations sexuelles : éducation par la violence, les mutilations sexuelles castrent l'être humain (le plus fréquemment les mineurs) des organes spécifiques de l'autosexualité, en le traumatisant profondément et le plus souvent inconsciemment. Rituels – qui ne sont pas seulement symboliques – d'une prise de possession de Premier fait : les mineurs. Les mutilations sexuelles sont le plus souvent une maltraitance des mineurs par les adultes. Cependant, historiquement, les féministes occidentales, qui ont été à l'avant-garde du combat, parlent des seules mutilations féminines. S'appropriant la lutte, elles en font une joute entre adultes des deux sexes et accusent les non sexistes d' "amalgamer excision et circoncision". Mais on n'a pas le droit d'amalgamer violence contre les adultes et violence contre les enfants. La guerre des sexes est une guerre d' "adultes ignorant l'enfant en eux-mêmes" (Maud Mannoni) mais la guerre des générations, c'est la guerre aux enfants.
Deuxième fait : sexuelles. Les mutilations sexuelles ne sont pas "génitales" ; elles portent sur les organes spécifiques des préludes ou de l'autosexualité. Le clitoris, notamment et à la différence du prépuce, est le seul organe humain destiné au pur plaisir, sans aucune fonction secondaire. Il ne s'agit pas d'empêcher la reproduction mais de diminuer, supprimer ou transformer le plaisir en douleur (excision). Chez l'homme, cette émasculation est limitée au plaisir féminin, préputial. Mais chez la femme, la mutilation du plaisir masculin, clitoridien, entraîne souvent celle du plaisir féminin, vaginal, et la mutilation du plaisir peut être totale ; la femme est fréquemment rendue frigide Troisième fait : la mutilation physique. Pour les 80% de la population mondiale qui tirent plaisir de ces organes, la jouissance particulière qu'ils procurent, éventuellement extrême, est indiscutable, aussi bien pour l'homme que pour la femme. De récentes découvertes anatomiques apportent un fondement indéniable à cette affirmation empirique. Celle de Taylor, en 1996, concerne la fonction d'exquise mécanique érogène de l'anneau de l'extrémité du prépuce. Depuis cette date, il est scientifiquement démontré que l'amputation de l'organe féminin masculin est une véritable mutilation sexuelle ; le prépuce n'a pas seulement une fonction de protection de l'érogénéité du gland mais aussi celle de zone hautement érogène, particulièrement efficace dans le plaisir autosexuel. N'ayant pas reçu le prix Nobel de médecine, cette découverte reste ignorée, bien qu'elle ait été expérimentalement confirmée par l'enquête de sensibilité de Sorrells. Enfin, la troisième fonction sexuelle du prépuce, celle de coussinet mobile réducteur de friction dans le coït, a aussi été mise en lumière. Elle explique pourquoi les africaines aux partenaires sexuellement mutilés sont plus touchées par le SIDA. Plusieurs enquêtes statistiques ont montré que le statut de circoncision est sans influence significative sur la transmission des MST, sauf, à moyen terme, le SIDA. Cependant, devant la circoncision de masse mise en avant pour le combattre, on doit rappeler que l'éthique élémentaire interdit la mutilation pour motif prophylactique, tout particulièrement celle des enfants. Personne n'a le droit de pratiquer la circoncision sans motif médical sérieux, sur les mineurs comme sur les adultes.
Quatrième fait : le traumatisme psychique. Mis en lumière par Freud, les traumatismes portant sur la sexualité infantile provoquent la formation de l'inconscient et sont une cause profonde de maladie mentale. Portant atteinte à l'image du corps, la castration des organes spécifiques de l'autosexualité a de fortes répercussions émotionnelles et crée un grave traumatisme, le plus souvent inconscient. L'autosexualité, la toute première sexualité, la plus simple, innocente et naturelle, est gravement culpabilisée. Les mutilations sexuelles menacent l'homme de castration totale mais même dans les cultures non circonciseuses, les femmes souffrent, inconsciemment mais bien davantage que les hommes, de la menace associée à la circoncision. En effet, si l'on ne détruit que la paupière du gland chez l'un, que ne risque-t-il pas d'arriver à un organe aussi petit et de pure jouissance que le clitoris, sans aucune fonction protectrice ni génitale ?
Cinquième fait : la prise de possession prétendue symbolique de l'individu par le groupe par la violence et la terreur. Le sacrifice humain d'une partie du corps joue sur un puissant mécanisme psychologique d'asservissement de la personne. En effet, pour l'inconscient, comme pour la pensée fétichiste, infantile ou primitive, la partie vaut pour le tout (cf. les abus du vaudou qui, après l'abolition des mutilations sexuelles par les esclavagistes, "possède" ses victimes au moyen d'une mèche de cheveux coupée, jusqu'à les forcer à la prostitution). Cet abus de pouvoir trouve des prétextes dans un illusoire savoir adulte et une inacceptable possessivité : "Je sais, donc j'ai le droit de disposer de ton corps."
Sixième fait : la discrimination. Les mutilations sexuelles sont effectuées pour garantir une prétendue supériorité morale, isolant l'ethnie par un racisme artificiel, et quelquefois pour favoriser l'endogamie. Elles sont aussi une mesure d'asservissement par exclusion des opposants.
La grande fonction sociale des mutilations sexuelles est de donner droit au mariage en certifiant un passage à l'âge adulte accompli dans la soumission à l'ordre établi. C'est un faux certificat. On peut craindre au contraire que, dans les sociétés qui les pratiquent, rares soient ceux qui parviennent effectivement à l'âge adulte, caractérisé par la reconnaissance de la différence des sexes et du désir de l'autre, acquisition permettant seule l'accès des peuples à la démocratie. Voilà pourquoi nous nous élevons contre les appellations sexistes dressant
L'agent des mutilations sexuelles : l'ordre moral
"Ce commandement n'a pas été institué pour corriger une déficience congénitale "mais une déficience morale." Maïmonide, XIIème siècle
Le philosophe juif Maïmonide, le premier, a attribué à un ordre moral la responsabilité des mutilations sexuelles. Nous nous élevons contre cet ordre sociétal et religieux, faussement moral, qui tente de dominer et instrumentaliser l'enfant comme l'adulte au nom de la "pédagogie noire" ("Tais-toi, c'est pour ton bien !"), par des punitions corporelles terroristes réprimant l'autosexualité : marquage possessoire, mutilation et torture. Sous couvert de folklore et de rites identitaires ou de passage à un âge soi-disant adulte, elles ont pour unique but d'obtenir la soumission et la prétendue pureté morale et physique, par une violence et une menace qui le traumatisent. Étant relativement mineurs, ces crimes contre l'humanité ne sont pas punissables dans la mesure où, reposant sur des coutumes antiques et héréditaires qui leur confèrent une apparente légitimité, ils sont le plus souvent dénués d'intention de nuire, mais à condition de cesser dès que leurs méfaits sur la personne seront de notoriété publique.
Ces coutumes barbares ne sont pas réservées à l'islam, au judaïsme et à nombre de tribus primitives mais existaient aussi en Asie où les chinois mariaient plus facilement leurs filles au moyen de la torture du bandage des pieds et où les balinais coupaient à ras les incisives des jeunes gens de façon, probablement, au moins à l'origine, à éviter le risque de morsure pendant les abus sexuels. En Europe, ce fut la défloration au couteau des jeunes prostituées. La circoncision a enfin envahi les pays Anglo-Saxons au 19ème siècle pour ne reculer qu'au 20ème, et se généralise en Corée du Sud.
Ces barbaries sont accompagnées par la répression verbale. Cette dernière opère une mutilation mentale, seule présente dans le reste de l'humanité. Cette mutilations sexuelles au sens large asservit semblablement l'individu au puritanisme hypocrite. Contre ces violences, les études transculturelles de l'anthropologie américaine (cf. James Prescott, violence.de) ont, avec une corrélation statistique absolue, étendu à des populations entières les observations de la psychanalyse ; elles affirment que la violence est inhibée par le plaisir et réciproquement, et qu'elle est La biologie, l'anatomie, la médecine prophylactique, la psychiatrie, la sexologie, l'éthique, le droit, la sociologie, l'ethnologie, l'histoire des cultures et des religions, et la psychanalyse, les sciences humaines sont unanimes à prendre la défense d'organes parfois prétendus superflus mais en vérité détruits parce qu'ils sont les organes spécifiques d'une pratique taboue : l'autosexualité.
Les mutilations sexuelles : comble de la répression de la sexualité "… ne jetez pas votre semence parmi les épines. "Tâchez de vous circoncire… " (Jérémie : 4 : 3-4)
Voici plus d'un siècle, Freud se faisait déjà le défenseur de la sexualité infantile, incluant le voyeurisme et l'exhibitionnisme naturels. En vérifiant son existence (manusexualité et auto-fellation) jusque dans la matrice, l'échographie prénatale lui apporte aujourd'hui un puissant soutien. Cependant, l'autosexualité est toujours réprimée d'une façon ou d'une autre. Imaginez en effet un être qui a librement pratiqué l'autosexualité dans le ventre de sa mère. Cet être, c'est vous. Supposez maintenant qu'à la sortie de cet Éden, un jour où vous êtes tranquillement dans votre bain, on vous fasse soudainement les gros yeux en vous disant sévèrement : "Pourquoi est-ce que c'est comme ça ? Tu y as touché ?" Ou alors, vous vous apercevez qu'insidieusement, hypocritement, tout le monde autour de vous non seulement condamne la nudité mais encore déprécie votre acte d'amour de vous-même en le désignant par des termes péjoratifs et réprobateurs. La racine (manus stupratio) du plus courant, désigne le trouble – ainsi dans per-turbation – et la turpitude. "Autosexualité" doit remplacer le terme odieux, inventé par des célibataires religieux, culpabilisés et prétendument chastes mais se révélant parfois pédophiles, qui doit être rayé du vocabulaire. La lutte contre les violences et crimes sexuels passe obligatoirement par là.
La répression de la sexualité dite – bien à la légère – infantile résulte de ce tabou universel. Les enfants ou les jeunes gens perçoivent affectivement cette répression comme une menace de mort par perte de l'amour et donc par abandon. Mettant, contrairement à la loi naturelle, le plaisir hors la loi, une telle menace ne peut que s'opposer à l'heureuse résolution du complexe d'Œdipe qui implique l'adhésion à la loi. Aussi est-elle susceptible de bloquer l'enfant ou l'adolescent dans son développement. Les perversions – notamment la pédophilie, sœur jumelle de l'homophilie – et le viol sont la conséquence directe, aggravée par le tapage sexuel des médias, de l'hypocrite réprobation publique de ce que chacun pratique allègrement en privé. Seuls les séducteurs, les violeurs, les pédophiles et les homophiles se masturbent, dans leurs victimes, leur accordant le même mépris que celui qu'ils ont subi dans leur sexualité d'enfants. Ils n'auront plus ce besoin lorsque l'autosexualité sera universellement acceptée.
Comble de cette répression, les mutilations sexuelles génèrent une violence particulièrement élevée. Elles n'accueillent pas l'enfant dans une société régulée par la différence des sexes et des âges mais l'enrôlent dans des bandes guerrières par une initiation militaire barbare. Sur les dix génocides des temps modernes, un seul n'a pas impliqué de sexuellement mutilés d'un côté ou de l'autre. Les guerres sont trois à quatre fois plus fréquentes dans les pays circonciseurs, la peine de mort y est deux fois plus répandue et ils sont les seuls à exciser les filles. En Norvège, 60% des viols sont commis par 2% de la population qui sont circoncis. Les mutilations sexuelles sont le terreau du sexisme, de la paranoïa, du fanatisme et du terrorisme de groupe ou d'état.
La discrimination par les mutilations sexuelles "Un incirconcis, ce n'est pas un homme !"
1) L'atteinte au respect de la personne et de l'espèce humaine
Les signes physiques distinctifs portent atteinte à la dignité humaine d'une façon typique de l'ordre moral : une violation de l'intimité. Marquer le corps en fait un placard publicitaire et Moïse et Mahomet ont interdit les tatouages parce qu'il ne doit pas être traité comme une marchandise. Baisser les culottes de quelqu'un pour le mutiler l'humilie.
Ensuite les marquages physiques s'attaquent à l'espèce humaine. Fonder une identité collective sur une atteinte à l'identité de l'espèce n'est pas seulement dégradant, c'est aussi discriminatoire puisque cela conduit à se croire une supériorité illusoire, voire à s'en targuer avec arrogance. Aucun peuple ne saurait se tailler au couteau sur le corps de ses enfants une identité purement formelle sans offenser le reste de l'humanité. Une identité collective fondée sur une mutilation est une identité d'aliénation collective par auto-exclusion.
2) Une double exclusion : discrimination de l'individu et des autres ethnies
Le proverbe africain ci-dessus cité implique que l'absence de mutilation entraîne le rejet par l'ethnie. Cet accessoire systématique des mutilations sexuelles révèle leur signification profonde de mesure d'exclusion, de barrière au mariage hors du groupe en dissuadant les enfants de se mêler à ceux des groupes voisins, un des principaux soucis des racistes.
Destinées à séparer le groupe des autres, les mutilations sexuelles sont un acte sectaire, parfois commis au prétexte de la religion et censé apporter une supériorité morale, voire même sexuelle. Mais l'exclusion appelle la haine. De grands penseurs (Spinoza, Freud) ont dénoncé la circoncision comme source de haine de la part des peuples voisins. Les mutilations sexuelles sont encouragées par les régimes tyranniques qui s'en servent aussi bien d'initiation pour leurs troupes que de signe de distinction tribale. Elles ont le plus souvent un caractère sexiste. Prenant pour alibi les festivités du folklore, les mutilations sexuelles sont imposées par des élites militaires et religieuses au comportement adolescent. Le signe communautaire est toujours un appel au nationalisme et un signe de guerre. Tatouages, voiles, burkas, scarifications, clitoris et prépuces coupés, dents cassées, lèvres vulvaires étirées, obésité forcée, pieds bandés, peine de mort, aux armes, et cetera…, l'escalade des très ethniques techniques de manipulation des esprits par la mutilation des corps – le grand instrument de la guerre des générations et des sexes, canalise les besoins humains au service des intérêts des classes dominantes. Antisexuelles et antidémocratiques car prétendant fabriquer des êtres prétendus purs et supérieurs aux autres, les mutilations sexuelles discriminent les groupes ethniques voisins et les individus du groupe lui-même qui les refusent. Plus fascistes que le fascisme, elles sont insupportables aux fascistes ; ce n'est pas une raison pour que les démocrates les tolèrent.
Conclusion
D'une part la lutte contre l'excision ne progresse qu'au compte-gouttes tandis que celle contre la circoncision piétine dans les pays anglo-saxons, d'autre part, dans un paradoxe scandaleux, la médicalisation de l'excision au sud de la Méditerranée, est suivie par celle de sa restauration au nord. Cela parce qu'on s'attaque aux symptômes sans prendre le mal à la racine : la culpabilité et la culpabilisation de l'autosexualité. Pour preuve la recommandation d'abstinence dans la lutte contre le SIDA. Car l'autosexualité est considérée à la fois comme de la débauche et comme une conduite infantile, à tel point que, dans certaines sociétés, tout se passe comme si, devant l'absence de signe biologique de passage à l'âge adulte, la destruction des organes spécifiques de l'autosexualité devait en être instaurée comme preuve. Ces sociétés semblent ignorer que l'homme n'est qu'un enfant qui prend de l'âge et que celui qui est incapable de régresser est aussi incapable de progresser. Les mutilations sexuelles ne sont pas racistes ; c'est un racisme artificiel, plus raciste que le racisme, qui, selon l'expression d'un de nos contradicteurs, cherche à fabriquer "des surhommes". Les mutilations sexuelles sont l'instrument d'une tyrannie particulièrement efficace. Fondées sur une perversion de l'éthique détournée en moralité moralisante, créant la névrose au sein du peuple pour donner une base sociale à la celle des dominants, elles prétendent donner des leçons au peuple pour le seul profit de ceux qui l'exploitent. L'abolition de ce crime contre l'humanité n'est qu'une étape dans la lutte contre la répression de la sexualité et pour le droit de la personne humaine à la libre disposition de son corps et au respect de son intégrité physique, sentimentale et mentale.
Version française, révisée et sans coupures faute de temps, d'une conférence prononcée le 4 septembre 2008 à l'Université de Keele (R.-U.), lors du 10ème symposium international organisé par NOCIRC, NORM-UK et la Faculté de droit de l'Université de Keele.
Sigismond (Michel Hervé Navoiseau-Bertaux), HEC, Lic. Sc. Chercheur en psychanalyse et spécialiste des mutilations sexuelles infantiles, auteur de "Mutilations sexuelles infantiles, le point de vue de l'enfant", disponible gratuitement sur intactwiki.org et http;//groups.msn.com/circabolition. oldsigismund@hotmail.com January 13 hiératisme et vénustéLES TOUILLEURS D'OBERKAMPF (pour ceusse qui suivent encore)
(un feuillethon-maraton du pamplemousse)
Du Châteauroux de sa petite enfance, Harry n'avait gardé que des souvenirs fugaces, comme des lambeaux d'images, avec des odeurs, des bruits, des musiques, des goûts, des couleurs, sans pouvoir dire si c'était agréable ou désagréable.
Le bruit des boulets de charbon qui roulent dans le seau pour alimenter le poêle, et l'odeur de la poussière de coke, noire, celle-là. Les méchants visages des caissières des Nouvelles Galeries qui se penchent vers lui:
- Qu'il est mignon, il a de la chance d'avoir les yeux de sa maman!
Autrement dit, pour un enfant de père noir, ça aurait pu être pire...
Les caisses-enregistreuses à manivelle qui tintent de manière obscène quand on les actionne, ouvrant grand leur gueule-tiroir-caisse. La musique du big band de Lionel Hampton qui sert d'habillage de fond, avec le vibraphone bavard qui déroule son be-bop.
La vieille mercière, dont le visage dégouline de rides et dont il faut endurer le baiser gluant:
- Qu'elle est mignonne! Ah, c'est un garçon! Tant mieux! Il est où ton papa?...
Les joues qui piquent quand on passe du froid au chaud, la soupe au cresson qui fait frissonner, le "building", si grand! L'odeur de la zone de livraisons de la COOP, et le camion magasin de chez SERON. La rue de la Folie-Comtois, au nom alors si énigmatique, le marché de la place Saint André, avec le bazar qui vend des martinets aux lanières de cuir. La teinturerie avec un groom en bois peint rouge et bleu, plus grand que lui. La figurine animale que sa mère lui offre chaque samedi, jour de marché. Les rues interminables, avec sa mère qui porte deux filets remplis de provisions. Les regards des passants qui passent du visage de Czeslawa, éburnéen, au sien, café au lait...
Les moufles, en mouton, et l'effroi de l'enfant qui imagine comment le petit mouton de sa ferme en figurines doit souffrir pour donner un peu de sa peau pour lui tenir chaud aux mains. Harry pleurera quand sa mère lui offrira la chapka assortie, l'année d'après.
Les grosses voitures dont le gosse veut absolument mémoriser les noms: Versailles, Chambord, Ariane...
La boulangerie Saint Luc, qui fournit la miche pour la semaine, et la galette aux pommes de terre, l'usine des Cent mille chemises, Balsan, le silo, la manufacture des tabacs qui renseigne au nez sur le sens du vent, la route de La Châtre, la gare, avec sa passerelle qui surplombe les voies. Il s'y arrête pour contempler, fasciné, le dessin des rails qui s'éloigne à l'infini de son monde connu. Sa mère le tire par le bras:
- Allez, néné, on y va!
Czeslawa l'avait prénommé Harry, mais ne prononçait jamais son prénom, rangé au rayon des mensonges et des faux souvenirs.
Et puis le parc, avec les cygnes, et le paon qui crie 'léon", la fontaine moussue, le kiosque à musique et les arbres majestueux qui procurent à Harry le sentiment d'un exotisme mêlé de beauté. Davantage que le square du palais de justice, avec ses maronniers et ses balançoires. Czeslawa qui lui donne invariablement pour son goûter des "nonnettes" ou des "figolu" qui font son régal. Les moineaux s'approchent pour picorer les miettes sucrées, bientôt rejoints par les pigeons qui s'imposent au festin.
January 07 Gaz de ville et Gaza villeLes slovaques menacent de remettre en route une vieille centrale nucléaire réformée si la Russie tarde à rouvrir les vannes de gaz en direction de l'Ukraine, laquelle est accusée par les russes de piquer dans les tuyaux.
Bachar el Assad, lui, n'a rien promis au Grand Minuscule qui est allé lui demander gentiment de ne pas approvisionner le Hamas en armes au cas où Moubarak jouerait le jeu de l'imperméabilité de sa frontière au trafic.
Moi, je demande seulement de ne pas être assujetti à la redevance télé; je hais la télé et je me vois mal donner plus de 100 euros par an pour payer un service dont je n'ai nul besoin ni envie.
Tout ça n'a aucun rapport, mais ça, c'est pour donner raison à Philippe Val, qui, lui, déteste l'internet et les blogueurs qui peuvent dire n'importe quoi et ne s'en privent jamais, sans être journalistes, en propageant des nouvelles fausses mais gratuites (les cons).
January 06 entiché ou anti-che?J'ai regardé un peu la gueule de la nouvelle télé publique, hier soir, chez mes voisins (je n'ai pas la télé), et à 20:10, au JT de la 2, on voyait en bandeau derrière le speaker qui nous informait qu'il faisait froid en hiver cheu nous:
"LES HIVERTS LES PLUS FROIDS"
C'est sans doute la nouvelle politique culturelle induite par le Grand Minuscule qui veut ça. En tout cas, on n'aurait jamais vu une chose pareille à l'ORTF de mon enfance.
Le syndrome de Bourrette et Wary- un feuilleton du pamplemousse -
Donc, en 1957, Czeslawa, la mère de Harry, belle de ses 17 ans et libérée de sa marâtre par la faucheuse entre à la Grenouillère. Pas encore d'américains à se mettre sous la cuisse. Il lui fallut apprendre à séduire le paysan berrichon en goguette les jours de foire... Elle se mit à la colle un moment avec un agriculteur de Montierchaume qui avait un gros élevage de cochons. Elle aimait son visage rougeaud et ses membres courts et épais (tous). Et puis ça la sortait un peu du bordel. Il l'emmenait un peu au cinéma où il ronflait copieusement, et dédommageait largement la taulière qui acceptait d'être payée en jambons. Des cuissots pour des cuissardes... Et puis quand la base de Déols se remplit de ricains, fleurirent sur les murs les inscriptions "US go home", mais la nuit castelroussine n'en devint pas moins américaine: les bars américains, les billards américains, les voitures américaines, on mettait des glaçons dans son whisky-Perrier, à la mode de là-bas, et on jouissait en faisant l'amour en criant "yeah baby!"
Il arriva à Czeslawa ce qui arrivait aux filles avant 1967 quand elles tombaient amoureuses. Bien que putain, elle n'en restait pas moins femme, et quand elle vit ce grand gaillard à la peau noire et au sourire carnassier pour la première fois, elle en oublia les précautions d'usage, et se donna sans retenue à la jouissance de son désir. Il revint souvent, demandait Claudia (oui, Czeslawa avait eu plusieurs pseudos aguicheurs dont Amanda von Shatner, Veyda Vorgashor, Brita Yolcriss, Kinda Excess, Maja Villosa, Amaltheia, et à cette époque, donc, Claudia Nilbor) et passait du temps avec elle, la baisant quatre ou cinq fois dans la soirée. Au bout de deux mois, son état ne faisait plus de doute et Madame Agnès, la patronne, à qui elle s'était ouvert de sa grossesse la jeta dehors avec son baluchon et ses boas en lui criant:
- C'est un métier ma fille! Tu n'avais qu'à m'écouter! On prend la chtouille, la vérole, mais pas un luron!
Elle fit l'impossible pour prévenir son soldat, allant traîner le long des barbelés de la base. Quand enfin, elle l'aperçut, il la vit et fronça les sourcils, lui demanda à travers le grillage ce qu'elle foutait là. Elle tenta de l'attendrir, en lui présentant la chose comme le fruit de leur amour. Lui, décontenancé, ne sut que répondre, et promit d'aller la voir à l'adresse qu'elle lui glissa à travers la ferraille.
Il ne vint pas, et elle sut qu'il avait quitté Châteauroux le jour même où elle était allée le voir. Elle lui écrivit des lettres enflammées auxquelles il ne répondit jamais. Elle se mit en tête que l'administration militaire ne transmettait pas ses courriers, et devint une espèce de Madame Butterfly échouée dans le désert du Berry, avec pour seul horizon, en lieu et place du bleu de la mer du Japon, la couleur de merde des ciels ravagés de nuages gris au dessus des étangs de la Brenne. Elle n'avait pu voir l'opéra en question, puisque le théâtre de la ville, ravissant édifice construit au début du XIX° siècle avait été rasé et remplacé par "le building", une hideuse tour bleue, qu'on aurait cru recouverte de formica, celui des tables et des chaises de cuisine de l'époque, qu'on retrouvait aussi dans les bistrots massacrés sur l'autel de la modernité et du néon. La geisha des bords de l'Indre s'inventa un passé à faire pleurer pour ne pas sombrer elle-même dans l'absurdité de son histoire, et finir comme sa mère. Elle raconta à tout le monde que son américain était mort au Viet-nam, et lui dressa un autel, au dessus du poêle de la chambre du petit. Comme elle n'avait pas de photographie du géniteur enfui, elle encadra la une de Paris-Match de février 1965; le gamin avait alors trois ans et grandit sous ce journal où on parlait aussi de Viva Maria, de Moreau, Bardot et Pitoëff...
Elle avait prénommé le marmot Harry, comme son père disparu, et avisa que "Harry Zonakiewicz", ça ne sonnait pas terrible. La communauté polonaise, nombreuse à Châteauroux, donnait des prénoms chrétiens à ses mouflets, et il y avait des Isabelle Kryszack, des Patrick Budzanowski, mais ils étaient blancs. Le sien n'avait rien d'un fils de mineur; elle entreprit de faire simplifier son nom. Les arcanes de l'administration, aussi impénétrables que les sept ciels entourant le Très Haut, rendirent leur verdict: ce serait Zona, point. Czeslawa Zona, ça faisait pas mal, mais pour Harry, tout allait devenir compliqué.
Quand elle n'était pas au bordel, à l'époque de Madame Agnès, Czeslawa partageait une maison basse, en haut de la Descente de Ville, cette rue à la pente vertigineuse qui semblait un tremplin vers la vieille ville et les bords de l'Indre où se trouvait La Grenouillère. Son colocataire était le pianiste du bordel, homosexuel rangé un peu désespéré, qui se trouva une vocation de tonton quand Harry vint au monde. Il le fit sauter sur ses genoux, et Harry l'adopta instantanément, comme savent le faire les enfants quand la perversion ne leur est pas encore venue.
(à suivre)
January 01 LA GRANDE MIREILLE (DE CHINE)C'est dur pour un athée, toutes ces fêtes obligatoires, alignées sur les exploits d'un Christ mythique, forgé après coup (330 ans après Pilate) sur le modèle de MITHRA-OSIRIS-ORPHÉE.
Pourquoi ne pas redonner à ces fêtes leur sens solaire (solstice), réveiller le carnaval, fêter les jours qui rallongent, honorer le renouveau de la nature à travers les enfants qui sont notre avenir?
Bon, dans 36 jours, on sera en 47 après moi. Mais ça, c'est sûr!
December 25 FAVELA AMARA*Après avoir fait un passage éclair dans les favelas de Rio, le Grand Minuscule et sa Bardesse se sont carapatés sur une île chicos au large de Salvador de Bahia pour y fêter la naissance de Mithra. Les enfants de là-bas qui croient encore au Père-Noël pourront espérer recevoir une paire de chaussures.
* En portugo-italien: banlieue (bidonville) amère... Rien à voir avec notre sous-ministre des banlieues qui prend un dé (de madère) et non un vé (de victoire): son plan Marshall pour nos déshérités à nous va être remis aux calendes grecques puisque les cadres de Neuilly vont pointer aussi à l'ANPE, et qu'apparemment, sauver l'économie avec un grand eu (génie), c'est sauver la consommation, avec un grand con (testable). December 13 SARAH VISSEUSEun feuilleton du pamplemousse (suite)
Parmi ces dames de La Grenouillère, un établissement pour les américains de la base de Déols, il y avait la mère d'Harry. Le concept de "bar américain" recouvrait à Châteauroux celui de bar à putes sordide, mais Czeslawa Zonakiewicz y était entrée comme on entre dans les ordres en 1957, quand sa mère mourut, étouffée dans son vomi un matin, après avoir raflé un demi-litre de wodka frelatée, distillée avec de vieux topinambours oubliés dans un silo où ils avaient copieusement moisi depuis la fin de la guerre. La vieille exilée de trente deux ans avait traîné sa mélancolie quotidienne dans les bars de la rue des Marins où elle éclusait sa maigre pension au fond des verres crasseux de rades incertains aux comptoirs desquels on n'avait plus vu de marin depuis le dernier déluge. L'éducation de sa fille s'était cantonnée à des engueulades en Sorabe, sa langue d'origine, et des coups de manche à balai quand la fillette tardait à rapporter à la baraque les six litres de picrate, carburant pour deux jours. Autant dire que les regrets de la gamine furent minces quand sa génitrice sortit entre quatre planches de la pièce sombre en rez de chaussée qui leur tenait lieu de logement.
C'était le jour de ses 17 ans. Elle décida de sécher l'enterrement et la messe somptuaire que la poivrote avait subventionné à crédit, privant Czeslawa de cours de maintien, de piano, de danse, de broderie et toutes ces choses que les jeunes filles convenables se doivent de maîtriser. La bigote pour tout dire, si elle était tombée dans la tristesse alcoolique, avait l'excuse passionnelle.
Elle n'avait fait l'amour qu'une fois dans sa vie, avec un gros ventre en récompense, mais cette unique expérience sexuelle avait figé dans sa mémoire le formidable sentiment de bonheur absolu qui avait parcouru tout son être quand l'officier allemand avait rempli son orifice vierge de son sexe érigé. Elle avait désiré et aimé ce membre viril qui lui avait paru sublime, bien qu'elle n'ait jamais osé le regarder une seconde pendant ce coït inaugural et dernier. Quand le foutre déferla dans son ventre, elle faillit s'évanouir de bonheur. Secouée de spasmes et de hoquets, mi-pleurant mi-riant, elle avait l'air d'une junkie en pleine descente d'acide, débraillée, barbouillée de salive; elle remonta à la va-vite ses bas épais et sa culotte fendue, mouillée de cyprine mélangée de liqueur séminale et de sang, rajusta sa jupe de laine, et rengaina ses seins lourds et blancs, les tétons rougis d'avoir été sucés, dans le corsage brodé du dimanche qu'elle avait mis pour aller à l'église.
C'était le jour des Rameaux. L'évêque devait bénir les huiles chrismales, qui servent aux curés pour les onctions, baptêmes et viatiques pour l'au-delà. On était en 1942, et l'officier allemand qui occupait son pays aurait dû la faire fuir comme si le diable lui-même avait parlé. Elle ne comprit jamais pourquoi elle avait cédé si vite. Ses jambes encore flageolantes la dirigèrent vers la maison du Seigneur, soudain terrorisée d'héberger en elle la pécheresse, et la semence du diable dans son ventre. Les chants avaient cessé, et les orgues imposantes jouaient une sortie de messe, accompagnant joyeusement les fidèles qui papotaient en passant le porche majestueux de la cathédrale, indifférents à l'air épeuré de l'adolescente qui avançait vers l'autel, les tresses défaites, à contre-courant des fidèles qui avaient reçu l'hostie. Les bras en croix, la face contre la dalle froide, elle se jeta devant la statue de la vierge en lui demandant pardon d'avoir cédé au malin. C'était le Cornu qui l'avait poussée à commettre un tel crime, elle le jurait, implorant la Sainte Mère de lui donner une consolation, des sanglots dans la voix. Sa gorge serrée lui faisait mal. La statue en retour lui souriait dans la lumière, figée, narquoise; son index levé semblait lui rappeler le doigt avec lequel elle se donnait du plaisir la nuit, et le bambin qu'elle portait dans le creux de son bras était comme une réponse muette à sa prière désespérée.
Tout ce qu'elle vécut par la suite le fut comme une expiation, un reproche, un rappel de sa vilenie. La déportation, l'accouchement dans le camp en Bavière en plein hiver, sans eau chaude ni réconfort. Enfin, l'arrivée dans cette ville aux maisons basses ne lui procura aucune joie, aucun sentiment de délivrance. Elle était en France, ce nouveau pays lui offrait l'asile mais elle n'en était pas émue. Son calvaire était intérieur. Elle aurait voulu que la Sainte Vierge l'écoutât à nouveau, et elle passait ses journées à Notre Dame, cette affeuse église néo-romane dont le dôme, dominé par une statue dorée de la sainte, paraît être un gâteau de mariage sur lequel il manquerait l'effigie de l'époux, comme une métaphore de sa souffrance. Elle rentrait chez elle le soir, s'arrêtant dans chaque café de la rue des Marins, déçue que le courant ne passe plus entre elle et le ciel. Elle n'avait pas perdu la foi; au contraire, elle se sentait seulement exclue à jamais du paradis et de ses promesses. Comme si elle était la compagne de Satan en personne.
Sa fille était à ses yeux l'incarnation du mal, une erreur qu'elle aurait voulu effacer, le rappel de l'instant du bonheur total, fatal à son âme de chrétienne. Elle la regardait avec un regard effaré, même à jeun, comme on regarde une bête dangereuse, et lui parlait par ordres brefs, dans un français mal maîtrisé. La gamine, plus dressée qu'éduquée finit par développer un comportement de berger allemand, seul héritage de son fabricant. Si elle avait possédé une queue, elle l'aurait tenue entre ses pattes arrières en permanence, et ses oreilles mutilées se seraient couchées en arrière pour esquiver les invectives et les coups maladroits de la marâtre. Ses yeux mouillés s'étaient enfoncés prématurément dans leur orbite, et ses longs bras aux muscles émaciés protégeaient son visage en mouvements convulsifs, habituée qu'elle était à recevoir des taloches comme seules récompenses de son existence.
(à suivre...)
December 12 des armes de poing, des faux papiers... et un ordinateur.Les touilleurs d'Oberkampf
Un feuilleton du pamplemousse (suite)
Harry s'activait sur la ligne de tri de son usine ivryenne du RECTOM (RÉCupération et Tri des Ordures Ménagères), l'oeil aux aguets des emballages souillés, à éliminer de la cuve de recyclage. Il ne pouvait s'empêcher de laisser vagabonder ses pensées, s'imaginant sillonner les rues de Paris, frapper aux portes avec un uniforme de la gestapo aux armes du RECTOM (une poubelle verte avec une fleur), et passer les menottes aux ménagères hagardes saisies au saut du lit en flagrant délit d'avoir jeté une bouteille d'huile non rincée dans le bac jaune. Il les emmenait ensuite dans l'usine, dans la benne de son camion de poubelles qui les broyait. Lui, au volant, entendait distinctement les hurlements étouffés qui parvenaient jusqu'à la cabine, et une jouissance secrète le parcourait alors de la prostate au rachis, et le faisait frissonner de plaisir. Les corps broyés des ménagères indisciplinées étaient alors versées dans la cuve des incinérés, et une fumée noire s'élevait en lieu et place du beau panache blanc habituel des élégantes cheminées relookées par Philippe Stark.
À l'usine, on l'appelait "sénateur". La faute à son patronyme. En réalité le nom de sa mère. Un nom à dormir debout qu'elle avait fait rectifier après maintes démarches en imaginant favoriser l'intégration de son rejeton. Elle était née en Bavière dans des circonstances troubles, alors que sa propre mère avait été déportée des Sudètes et parquée dans un camp de travail par l'admistration allemande. Elle ne savait rien de son père. La pauvre femme, en plein hiver, accoucha dans une baraque dont le sol en terre battue était recouvert de glace et d'immondices. En 1945, elle rejoignit la cohorte des déracinés à jamais apatrides. Les frontières de son ancien pays ayant été déplacées largement vers l'ouest, elle choisit entre Charybde et Scylla, et ne se résigna pas à devenir soviétique. Staline lui inspirait une tendresse modérée, malgré son air bonasse sous ses moustaches de cosaque. Il faut dire qu'avant d'être déportés par les allemands, les habitants des Sudètes avaient testé parmi d'autres le concept dostoïevskien de "la maison des morts", autrement dit le goulag, qui existait déjà bien avant l'arrivée au pouvoir du petit père des peuples.
Avec sa fille sous le bras, elle échoua à Châteauroux, un no man's land où les américains avaient installé une base de ravitaillement. Ils n'avaient pas fait les choses à moitié, et leur caserne était un phalanstère hors la ville, avec cinéma, piscine, et tout le confort yankee dont les bouseux du Boischaut n'avaient aucune idée, ni aucun besoin. En ville, dans les années 60, on croisait des Buick imposantes; les magasins avaient importé les premières machines à laver Kelvinator, et les fameux Frigidaires qui allaient remplacer nos garde-manger. Les amerloques sortaient quand même de leur base, pour aller s'encanailler à La Grenouillère où les putes sorties des étangs boueux avaient espéré un recyclage, en allant voir les westerns au cinéma pour comprendre comment toucher le coeur et le porte-monnaie des cowboys du Berry.
(à suivre...)
November 30 liorzh an diaoulRégional sous la direction de Michel Piquemal des oeuvres peu entendues, y-compris dans le cénacle des classicophiles; cette photo a été prise lors d'un de nos concerts de novembre, où nous avons rempli une église un dimanche après midi d'un public populaire et néammoins enthousiaste (plus de 700 personnes)... en présence du compositeur!
November 26 on n'est jamais trop aidé.Je reviens de voir ce fameux feuilleton télé, CLARA SHELLER, où, paraît-il (dixit les journaux et FRANCE INFO) le scénario est tellement original.
Ben moi, bof! J'aime pas.
Faut dire que je suis pédé. Mais pas comme les pédés de chez Clara, non, un pédé ordinaire, vieux et gros. J'habite pas un 80 mètres carrés décoré par IKEA et MAISONS DU MONDE avec une cuisine américaine toute équipée dans un immeuble cossu. Mes soucis ne sont pas que drague et baise et ma meilleure amie c'est ma moto, pas une femme. Et je suis pas non plus le vieux pédé-caricature, mort de solitude et qui ne baise plus depuis la mort de Mitterrand.
Tout le monde est beau (et blanc, et goy), a trente ans, a un super taf (ébéniste d'art...), les enfants sont grands quand il y en a; et les vieux caricaturaux, surtout les provinciaux.
Les dialogues ne volent pas plus haut que ceux de plus belle la vie et la réalisation à deux caméras nous saoûle de champs/contrechamps au rythme des échanges verbaux, avec mimiques idiotes et ricanements en sus.
La merise sur le bateau, c'est la petite THAÏS qui déclare à 8 ans vouloir être une pute. Inculture crasse ou clin d'oeil appuyé, on ne saura jamais. Thaïs (l'opéra de Massenet) est l'histoire d'une prostituée qui rencontre l'amour de Dieu tandis que le prêtre qui l'emmène vers le Christ se défroque pour connaître l'amour charnel.
Une seule scène réussie: celle de la Maison Ricoré, avec la musique de Nino FERRER (les cornichons).
November 12 Il faut qu'une porte soit ou verte ou ferméeJe ne savais pas que j'appartenais à "l'utra-gauche, mouvance anarcho-autonome", moi qui ai manifesté contre l'extension du camp du Larzac, et les centrales nucléaires dans les années 70-80. MAM en tous cas, faisant fi de la présomption d'innocence, et dans un élan punitif qui sent la barbouzerie à plein nez, désigne ces personnes raflées - des anti-nucléaires qui voulaient attirer l'attention du public sur le transport de matières radioactives - comme de dangereux terroristes sans l'ombre d'un élément probant sur le lien entre leurs engagements idéologiques et les sabotages sur le réseau ferré.
Nous verrons dans les semaines à venir comment des preuves à charge vont alimenter leur procès, et quel tribunal les jugera (et quel avocat les défendra).
Besancenot doit trembler de perdre le crédit qu'il s'est ingénié à gagner, et doit vite vite se démarquer de ces olibrius qui cherchent tout sauf le pouvoir.
November 11 Tant va l'autruche au zoo, qu'à la fin, elle se cache.J'ai beau ne pas apprécier spécialement Philippe Val, j'ai bien aimé son éditorial sur le Charlie spécial Obamania... Et puis reconnaissons lui le mérite d'avoir fait naître SINÉ HEBDO.
Ce midi, je slurpais mon velouté de potée aux choux, préparé spécialement par mes soins, avec force saucisses de Montbéliard et Morteau, et un hénaurme morceau de porc assis sur un épais coussin de couenne grasse, avec des côtelettes. Of course, j'ai séparé tout ça après cuisson, et dégraissé minutieusement le bouillon avant d'y remettre les légumes et la crème fraîche, et de mixer. Tout le goût de la Morteau était là, tout le collant des os et de la couenne, sans le gras qui alourdit les heures post-prandiales.
Comme j'aime la soupe très chaude, je souffle dans mon bol chinois à grains de riz, qui passe si bien au micro-ondes, sur l'écume froufroutante qui nimbe la surface de mon velouté. Et là, au lieu que le dessin d'un coeur se forme, comme à l'habitude, je vois se dessiner un utérus, avec les trompes de Fallope. Quelle horreur! Une matrice dans mon bouillon! Heureusement que je ne crois pas aux signes; sinon, j'y aurais vu ma mère me faisant signe du fond de son hospice.
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